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Modeste proposition


lundi 23 Juin 2008 à 19h07:06 GMT -4.00


 
Adaptation d'un texte de Jonathan Swift par Hiram

MODESTE PROPOSITION
POUR EMPÊCHER LES ENFANTS
DES ASSISTÉS SOCIAUX  D'ÊTRE À LA CHARGE
DE LEURS PARENTS
OU DE LEUR PAYS
ET POUR LES RENDRE UTILES AU PUBLIC 
       
         C'est un objet de tristesse, pour celui qui traverse le Québec et ses campagnes , que de voir les rues, les routes et le seuil des masures encombrés d'assistés sociaux , suivies de trois, quatre ou six enfants, tous en guenilles du Dolorama, importunant les humbles travailleurs payeur de taxes   par  leur pauvreté ainsi exposée. Ces mères, plutôt que de travailler pour gagner honnêtement leur vie, sont forcées de passer leur temps à arpenter les centres d'achats , à attendre leur chèque de B.S, durant que  leurs nourrissons sans défense sont dans des garderies subventionnées. Ceux qui, en grandissant, deviendront fraudeurs ou B.S  faute de trouver du travail, quitteront leur  Pays natal afin d'aller combattre Ben Laden et sa horde de terroristes, en Afguanistan ou ailleurs... ( Tout bien  considéré, cela ne pourrait-être que bénéfique pour la nation ).


Je pense que chacun s'accorde à reconnaître que ce nombre phénoménal d'enfants pendus aux bras, au dos ou aux talons de leur mère, et fréquemment de leur père (une fin de semaine sur deux) , constitue dans le déplorable état des finances du Québec, une très grande charge supplémentaire ; par conséquent, celui qui trouverait un moyen équitable, simple et peu onéreux de faire participer ces enfants à la richesse commune mériterait si bien de l'intérêt public qu'on lui élèverait une statue à coté de celle de Champlain.

Mais mon intention n'est pas, loin de là, de m'en tenir aux seuls enfants des B.S avérés ; mon projet se conçoit à une bien plus vaste échelle et se propose d'englober tous les enfants d'un âge donné dont les parents sont en vérité aussi incapables d'assurer la subsistance que ceux qui nous demandent une assistance de dernier secour.

Pour ma part, j'ai consacré plusieurs années à réfléchir à ce sujet capital, a examiner avec attention les différents projets des autres penseurs, et y ai toujours trouvé de grossières erreurs de calcul. Il est vrai qu'une mère peut sustenter son nouveau-né de son lait durant toute une année solaire sans recours ou presque à une autre nourriture, du moins avec un complément alimentaire dont le coût ne dépasse pas 200$(avec couche lavable), somme qu'elle pourra aisément se procurer, soit en attendant son chèque,soit  en se prostituant,  et c'est précisément à l'âge d'un an que je me propose de prendre en charge ces enfants, de sorte qu'au lieu d'être un fardeau pour leurs parents ou leur paroisse et de manquer de pain et de vêtements, ils puissent contribuer à nourrir et, partiellement, à vêtir des multitudes.

Mon projet comporte encore cet autre avantage de faire cesser les avortements volontaires et cette horrible pratique des femmes, hélas devenu un véritable fléaux chez nos filles de bonnes coutumes, qui assassinent leurs bâtards, sacrifiant, me semble-t-il, ces bébés innocents pour s'éviter les dépenses plus que la honte, pratique qui tirerait des larmes de compassion du coeur a l'homme le plus sauvage et le plus inhumain.

Étant généralement admis que la population du Québec  s'élève à sept  millions et demi d'âmes, je déduis qu'il y a environ un million de couples dont la femme est reproductrice, chiffre duquel je retranche environ un demi-million de couples qui sont capables de subvenir aux besoins de leurs enfants, bien que je craigne qu'il n'y en ait guère autant, compte tenu de la détresse actuelle du Québec, mais cela posé, il nous reste un autre demi-million de reproductrices. J'en retranche encore cinquante mille pour tenir compte des fausses couches ou des enfants qui meurent dans une  salle d'attente ou d'accident au cours de la première année. Il reste donc cent  mille enfants nés chaque année de parents pauvres. Comment élever et assurer l'avenir de ces multitudes, telle est donc la question puisque, ainsi que je l'ai déjà dit, dans l'état actuel des choses, toutes les méthodes proposées à ce jour se sont révélées totalement impossibles à appliquer, du fait qu'on ne peut trouver d'emploi pour ces gens ni dans la couture  ni dans les Mcdo ; que nous ne construisons pas de nouveaux HLM (du moins dans les régions), pas plus que nous ne cultivons la terre ; il est rare que ces enfants puissent vivre de la vente de drogues  avant l'âge de six ans, à l'exception de sujets particulièrement doués, bien qu'ils apprennent les rudiments du métier, je dois le reconnaître, beaucoup plus tôt : durant cette période, néanmoins, ils ne peuvent être tenus que pour des apprentis pusher, ainsi que me l'a rapporté un enquêteur du SPCUM ,qui m'a assuré ne pas connaître plus d'un ou deux dealers qualifiés de moins de six ans dans tout Montréal , dans une région du Québec pourtant renommée pour la pratique compétente et précoce de cet art.

Un haut dirigeant d'IKEA en Inde, m'assure qu'en dessous de douze ans, les filles pas plus que les garçons ne font de satisfaisants produits négociables, et que même à cet âge, on n'en tire pas plus de trois tables et deux chaises , ou au mieux un ensemble complet de cuisine si on les privent de sommeil , ce qui n'est profitable ni aux parents ni aux entreprises, les frais de nourriture et de haillons s'élevant au moins à quatre fois cette somme.

J'en viens donc à exposer humblement mes propres idées qui, je l'espère, ne soulèveront pas la moindre objection.

Un israelien  actuellement dans le coma (Ariel), m'a assuré qu'un jeune enfant en bonne santé et bien nourri constitue à l'âge d'un an un met délicieux, nutritif et sain, qu'il soit mis en Tourtière , au pot, rôti à la broche ou au four, et j'ai tout lieu de croire qu'il s'accommode aussi bien en fricassée qu'en hotdog.

Je porte donc humblement à l'attention du public cette proposition : sur ce chiffre estimé de cent  mille enfants, on en garderait vingt mille pour la reproduction, dont un quart seulement de mâles - ce qui est plus que nous n'en accordons aux moutons, aux bovins et aux porcs - la raison en étant que ces enfants sont rarement le fruit du mariage, formalité peu prisée de nos B.S généralement conjoint de fait, et qu'en conséquence, un seul mâle suffira à servir quatre femelles. On mettrait en vente les cent mille autres à l'âge d'un an, pour les proposer aux riches d'Outremont ou au plus offrant , non sans recommander à la mère de les laisser téter à satiété pendant le dernier mois, de manière à les rendre dodus, et gras à souhait pour une bonne table. Si l'on reçoit, on pourra faire deux plats d'un enfant, et si l'on dîne en famille, on pourra se contenter d'un quartier, épaule ou gigot, qui, assaisonné d'un peu de sel et de poivre, sera excellent cuit au charcoal , particulièrement en hiver.

J'ai calculé qu'un nouveau-né pèse en moyenne douze livres, et qu'il peut, en une année solaire, s'il est convenablement nourri, atteindre vingt-huit livres.

Je reconnais que ce comestible se révélera quelque peu onéreux, en quoi il conviendra parfaitement aux politiciens , ayant déjà sucé la moelle des pères et abusés de nombreux innocents , semblent les mieux qualifiés pour manger la chair des enfants.

On trouvera de la chair de nourrisson toute l'année, mais elle sera plus abondante en mars, ainsi qu'un peu avant et après, car un auteur sérieux, adepte de Montignac , nous assure que grâce aux effets prolifiques du régime à base de poisson, il naît, neuf mois environ après le Carême, plus d'enfants dans les pays catholiques qu'en toute saison ; c'est donc à compter d'un an après le Carême que les marchés seront le mieux fournis, étant donné que la proportion de nourrissons séparatistes  dans le royaume est au moins de trois pour un ; par conséquent, mon projet aura l'avantage supplémentaire de réduire le nombre de séparatistes parmi nous.

Ainsi que je l'ai précisé plus haut, subvenir aux besoins d'un enfant de mendiant (catégorie dans laquelle j'inclus les politiciens, les journalistes et les quatre cinquièmes des fermiers) revient à 50 $  par an, haillons inclus, et je crois que pas un gentleman ne rechignera à débourser 200$  pour un nourrisson de boucherie engraissé à point qui, je le répète, fournira quatre plats d'une viande excellente et nourrissante, que l'on traite un ami ou que l'on dîne en famille. Ainsi, les hobereaux apprendront à être de bons propriétaires et verront leur popularité croître parmi leurs métayers, les mères feront un bénéfice net de 100$ et seront aptes au travail jusqu'à ce qu'elles produisent un autre enfant.

Ceux qui sont économes (ce que réclame, je dois bien l'avouer, notre époque) pourront écorcher la pièce avant de la dépecer ; la peau, traitée comme il convient, fera d'admirables gants pour dames et des bottes d'été pour messieurs raffinés.

Quand à notre ville de Montréal, on pourrait y aménager des abattoirs, dans les quartiers les plus appropriés, et qu'on en soit assuré, les bouchers ne manqueront pas, bien que je recommande d'acheter plutôt les nourrissons vivants et de les préparer " au sang " comme les cochons à rôtir.

Une personne de qualité, un véritable patriote dont je tiens les vertus en haute estime, se fit un plaisir, comme nous discutions récemment de mon projet, d'y apporter le perfectionnement qui suit. Les  nombreux chasseurs du Québec  ayant, disait-il, exterminé les orignaux des forêts, leur appétit de gibier pourrait être comblé par les corps de garçonnets et de fillettes entre douze et quatorze ans, ni plus jeunes ni plus âgés, ceux-ci étant de toute façon destinés à mourir de faim en grand nombre dans toutes les provinces, aussi bien les femmes que les hommes, parce qu'ils ne trouveront pas d'emploi : à charge pour leurs parents, s'ils sont vivants, d'en disposer, à défaut la décision reviendrait à leur plus proche famille. Avec tout le respect que je dois à cet excellent ami et patriote méritant, je ne puis tout à fait me ranger à son avis ; car, mon ami israélien  me l'assure d'expérience, trop d'exercice rend la viande de garçon généralement coriace et maigre, comme celle de nos écoliers, et lui donne un goût désagréable; les engraisser ne serait pas rentable. Quant aux filles, ce serait, à mon humble avis, une perte pour le public parce qu'elles sont à cet âge sur le point de devenir reproductrices. De plus, il n'est pas improbable que certaines personnes scrupuleuses en viennent (ce qui est fort injuste) à censurer cette pratique, au prétexte qu'elle frôle la cruauté, chose qui, je le confesse, a toujours été pour moi l'objection majeure à tout projet, aussi bien intentionné fût-il.

Mais à la décharge de mon ami, j'ajoute qu'il m'a fait cet aveu : l'idée lui a été mise en tête par le fameux Arafat, un indigène des territoires occupés qui vint à Jérusalem  voilà vingt ans et qui, dans le cours de la conversation, lui raconta que dans son pays, lorsque le condamné à mort se trouve être une jeune personne, le bourreau vend le corps à des gens de qualité, comme morceau de choix, et que de son temps, la carcasse dodue d'une jeune fille de quatorze années qui avait été crucifiée pour avoir tenté d'empoisonner le président , fut débitée au pied du gibet et vendue au Premier Ministre de sa Majesté ogrisime, ainsi qu'à d'autres mandarins de la cour, pour quatre cents dollars. Et je ne peux vraiment pas nier que si le même usage était fait de certaines jeunes filles dodues de la ville qui, sans un sou vaillant, ne sortent qu'en chaise et se montrent dans les bars et aux centres d'achats dans des atours d'importation qu'elles ne paieront jamais, le royaume ne s'en porterait pas plus mal.

Certains esprits chagrins s'inquiéteront du grand nombre de pauvres qui sont âgés, malades ou infirmes, et l'on m'a invité à réfléchir aux mesures qui permettraient de délivrer le Québec de ce fardeau si pénible. Mais je ne vois pas là le moindre problème, car il est bien connu que chaque jour apporte son lot de mort et de corruption, par le froid, la faim, la crasse et la vermine, à un rythme aussi rapide qu'on peut raisonnablement l'espérer. Quant aux ouvriers plus jeunes, ils sont à présent dans une situation presque aussi prometteuse. Ils ne parviennent pas à trouver d'emploi et dépérissent par manque de nourriture, de sorte que si par accident ils sont embauchés comme journaliers, ils n'ont plus la force de travailler ; ainsi sont-ils, de même que leur pays, bien heureusement délivrés des maux à venir.

Je me suis trop longtemps écarté de mon sujet, et me propose par conséquent d'y revenir. Je pense que les avantages de ma proposition sont nombreux et évidents, tout autant que de la plus haute importance.

D'abord, comme je l'ai déjà fait remarquer, elle réduirait considérablement le nombre de conservateurs  qui se font chaque jour plus envahissants, puisqu'ils sont les principaux reproducteurs de ce pays ainsi que nos plus dangereux ennemis, restant au  Québec  avec l'intention bien arrêtée de nous vendrent a Harper, dans l'espoir de tirer avantage de l'absence de tant de séparatistes qui ont choisi de s'exiler plutôt que de demeurer sur le sol natal et de payer, contre leur conscience, la dîme a Ottawa .



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Modifié le Samedi 28 Juin 2008
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