Samedi 07 Janvier 2006 à 19h26:22 GMT -4.00
L’ineffable conséquence de la pollution chimique 
En octobre dernier, ma copine et moi sommes allés sur les terrains privés de la société Alcan (référer à la carte en pièce jointe pour la localisation) afin de vérifier certaines rumeurs sur la présence massive d'oies et de canards à proximité d'un lac de boue rouge alimenté par l’usine Vaudreuil d’Arvida (Saguenay, QC). Quelle ne fut pas notre surprise de constater que des milliers de spécimens de la faune aviaire «pataugeaient» dans ce gigantesque réservoir de produits chimiques. Il faut prendre le temps ici de spécifier que le dépotoir en question est un immense lac artificielle
, véritable dépotoir chimique sans équivalent au pays.
(N.B. Photos supplémentaires en bas de page et video téléchargeable)
Exploité depuis les années 50, ce site accueille les résidus de la production d'aluminium (soude caustique, oxyde de fer, fluor, lithium, etc.). Ce dernier est presque laissé à l'abandon par la compagnie Alcan; mis a part de longs tuyaux faisant près de 9 kilomètres qui relient directement le complexe Alcan d'Arvida au réservoir et qui déverse en permanence sa liqueur toxique. Le lac est à ce point chimique, qu'un homme ne pourrait y survivre bien longtemps (comme l’indique les multiples pancartes d’avertissement, les matières corrosives du lac de boue peuvent entraîner des brûlures graves – voir photos). L'air empeste sur les pourtours de ce gigantesque réservoir de soude caustique et la végétation ravagée donne l'aspect d'un paysage martien.
Détrompez-vous, ce lac est très peu connu des gens de la région bien que des véhicules tout-terrains y circulent allégrement. Une véritable loi du silence plane sur l'existence de ce dernier, mais plusieurs en connaissent l'emplacement. Les motoneigistes l’appellent le lac qui ne gèle pas… IL N'EST PAS ACCEPTABLE QUE LA COMPAGNIE ALCAN LAISSE DES CANARDS ET DES OIES VENIR SE POSER SUR CE LAC. Ces pauvres bêtes n'ont pas conscience de l'endroit où elles se trouvent mais par contre, c'est nous qui mettons par la suite ces canards dans notre assiette…
Chasseurs insouciants.
P.S : Une solution simple pourrait être envisageable; installer des canons à bruits, comme ceux utilisés pour éloigner les oiseaux des cultures et des fermes dans la Vallée de l’Okanagan en Colombie-Britannique.
Risques de contamination
On observant la carte ci-jointe, remarquez le nombre de cours d’eau importants et leurs nombreux tributaires qui se trouvent à proximité du lac de boue rouge… Ce qui signifie que cet immense réservoir chimique représente aussi un risque de contamination en cas de pluies diluviennes comme celles du déluge de juillet 1996, d’autant plus que le lac se trouve sur un plateau…
La nature s'est déchaînée pendant cette fin de semaine de juillet 96 alors que des pluies diluviennes ont entraîné l'une des pires inondations jamais connues au Canada. Près de 300 mm d’eau en 24 heures sont tombés sur la région.
Le territoire entourant ce lac est surtout exploité par des agriculteurs : fermes laitières, cultures céréalières, maïs, légumes, etc. De plus, plusieurs habitants des rangs avoisinants utilisent des systèmes de puits artésiens pour leur alimentation en eau…
La boue rouge en bref
L'alumine utilisée dans la fabrication de l'aluminium est extraite de la bauxite par le procédé Bayer. Une des premières étapes de ce procédé est le broyage de la bauxite provenant des pays chauds. La deuxième étape est la mise en solution de la bauxite broyée dans de la liqueur Bayer usée à laquelle est ajoutée de l'hydroxyde de sodium, car l'alumine contenue dans la bauxite est très soluble dans du NaOH. Le produit de cette digestion est appelé pulpe d'extraction. Comme la bauxite est constituée de différents matériaux comme des composés organiques, des oxydes de fer, du sable, etc., il faut les éliminer de la constitution de la liqueur Bayer pour produire de l'alumine la plus pure possible. Une manière simple pour éliminer ces impuretés est la décantation par gravité qui se fait évidemment dans un décanteur. À la sur-verse du décanteur, de la liqueur Bayer qui contient de l'alumine en solution est récoltée tandis qu'à la sous-verse, les impuretés sont récoltées sous forme d'une «boue rouge» épaisse que l'on empile dans des lacs créés à ces fins. Plusieurs décanteurs placés en série sont nécessaires pour obtenir de la liqueur Bayer contenant le moins possible de particules solides et d'impuretés. De plus, entre chaque décanteur, la liqueur est filtrée par une série de filtres. Lorsque la série de décanteur est terminée, l'alumine dissoute dans la liqueur doit être précipitée. Après cette étape, l'alumine est accompagnée habituellement de une ou trois molécule(s) d'eau, dépendamment de la source de bauxite. Par la suite, le trihydrate d'alumine est calciné pour éliminer la ou les molécule(s) d'eau. Finalement, du trihydrate d'alumine est obtenu, communément appelé alumine.
(Source :
www.uqac.ca/uqactualite/categorie.php?type=Actualit%C5%BD&date=20021204140308)
DES FAITS SUR L’USINE ALCAN
L'Usine Alcan Vaudreuil d'Arvida, 1er pollueur au Canada
Pollueur-produits toxiques. L'Usine Alcan Vaudreuil où l'on fait le raffinement du bauxite, à Jonquière, au Québec, fut celle rejetant le plus gros montant de produits chimiques désignés toxiques par Environnement Canada, selon la Loi canadienne sur la protection de l'environnement (LCPE). L'Usine Vaudreuil a évacué 10 163 062 kg de produits toxiques en 2001, y compris plus de 10 millions kg de fluorure de calcium dans un site d'enfouissement sur place. Le fluorure de calcium peut irriter les poumons et causer des changements osseux que l'on appelle la fluorose. L'usine a également évacué 3 236 kg de benzoapyrène cancérogène dans le site d'enfouissement.
(Source : www.pollutionwatch.org/ pressroom/releases/20030619-f.jsp)
Des dirigeants des millieux d'affaires appuient le Protocole de Kyoto
Presse Canadienne
Le 16 novembre 2005 - 19:33
Certains dirigeants des milieux d'affaires parmi les plus influents au pays réclament une action plus énergique afin de lutter contre le changement climatique au-delà du Protocole de Kyoto.
Dans une lettre adressée au premier ministre fédéral Paul Martin, et obtenue par la Presse Canadienne, les dirigeants d'entreprises parmi lesquelles Alcan, Shell Canada, Bombardier, Power Corporation et Bureau en Gros, appuient l'accord controversé visant à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Et ils demandent au gouvernement fédéral d'étendre son programme sur le changement climatique au-delà de 2008-2012, période de mise en oeuvre du Protocole de Kyoto.
"En tant que dirigeants d'entreprises représentant un large pan de l'économie canadienne, nous croyons que tous les gouvernements, sociétés, consommateurs et citoyens ont des responsabilités vis-à-vis du Protocole de Kyoto", est-il écrit dans cette lettre.
"Le monde doit agir de toute urgence afin de stabiliser l'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère et de minimiser les impacts globaux du changement climatique."
Les dirigeants des milieux d'affaires estiment nécessaire une forte réponse aux conclusions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) des Nations unies.
"Nous acceptons l'opinion du GIEC voulant que le changement climatique augmente les risques de sérieuses conséquences pour la santé humaine et la sécurité et l'environnement. Nous constatons que le Canada est particulièrement vulnérable face aux impacts du changement climatique."
La lettre est signée par les chefs de la direction suivants: Travis Engen, Alcan; Bob Elton, BC Hydro; Laurent Beaudoin, Bombardier; Russel Horner, Catalyst Paper; Alban D'Amours, Groupe Desjardins; Douglas Muzyka, DuPont Canada; Derek Pannell, Falconbridge; John R. Wells, Interface Americas; Brian Foody, Iogen; Jack Cogen, Natsource Asset Management; André Desmarais, Power Corporation; Clive Mather, Shell Canada; Frank Dottori, Tembec; George Cooke, Dominion of Canada General Insurance; Greg Hanson, Wawanesa.
Elle est également signée par: John Murray, président de CH2M HILL; Annette Verschuren, présidente de Home Depot Canada; et David Wilmot, président du conseil de l'Institut de prévention des sinistres catastrophiques.
( Source :
http://www.alcan.com/
web/publishing.nsf/Content/Environment+Health+and+Safety+-+EHS+Policy_FR )
PHOTOS OCTOBRE 2005
AOÛT 2005
Video des oies